De quoi le salaire est-il le signe ?

Un nouveau travail dans la catégorie “agrégation”.

L’étymologie du mot « salaire » renvoie au sel, qui fut pendant longtemps une denrée rare et précieuse car c’était le seul moyen de conserver les aliments. Celui qui reçoit une solde (le soldat) perçoit du sel (un salaire). Dans le sens moderne, le salaire désigne la rémunération que reçoit un salarié en échange de son travail. Cette rémunération se fait aujourd’hui sous forme de monnaie fiduciaire et non plus en échange de denrée.

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Cinq commentaires sur les Gilets Jaunes

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Même quand on connaît la tradition de violence urbaine des Français, les images de Paris en feu impressionnent. On atteint une crise paroxystique qui s’installe dans la durée. J’ai le sentiment que la dernière fois qu’on avait connu une telle violence, c’était en 2005. Bien sûr ce n’est pas le premier mouvement social avec une dimension violente depuis 2005. Mais les précédents étaient très spécifiques, centrés sur le retrait d’une loi ou d’une mesure. Ils ne touchaient que les publics concernés, et la démobilisation était assez rapide une fois la mesure retirée (écotaxe en 2013) ou confirmée (loi travail, Parcourssup, mariage pour tous,…). La seule exception est peut être Nuit Debout mais le mouvement était trop parisiano-centré et idéologiquement marqué pour concerner les classes moyennes et populaires. Là, on a un mouvement vraiment populaire avec une conjonction de colères qui explosent. Lire la suite

Les transformations de la microéconomie après 1945

Introduction

On peut retracer les fondations de la microéconomie aux travaux des marginalistes (Menger, Jevons et Walras) à la fin du XIXème siècle. Ce sont les jalons fondateurs du néoclassicisme qui sera synthétisé par Alfred Marshall au début du XXème siècle. Les néoclassiques se distinguent en effet des classiques sur plusieurs points : théorie de la valeur subjective fondée sur la loi de l’offre et de la demande, recherche de l’équilibre général sur les marchés (ce qui déplace le fondement de l’étude de l’origine de la valeur à la formation des prix), hypothèse de concurrence parfaite, et enfin raisonnement microéconomique qui procède le plus souvent de l’agent rationnel au comportement maximisateur. Lire la suite

Les grandes théories de la justice sociale (2/2)

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Axel Honneth

Nous traiteront maintenant des approches plus empiriques de la justice sociale. Ces approches sont plus récentes. Elles sont spécifiquement sociologiques et naissent à partir des années 1990. Le point de départ est la critique de la théorisation excessive des approches philosophiques, qu’elles soient marxistes, rawlsiennes, libertariennes. Ces approches sont critiquées soit parce qu’elles sont trop abstraites, soit pour leur prétention universaliste (il y aurait des principes universels de justice sociale). Il s’agit donc de redonner du poids à la parole des acteurs, à leurs valeurs, au contexte socioéconomique et culturel, éventuellement avec un regard critique.

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Les grandes théories de la justice sociale (1/2)

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John Rawls

Il y a deux grandes façons de réfléchir à la justice sociale. La première est issue de la philosophie politique. Elle consiste à traiter la notion de justice indépendamment de la réalité sociale, c’est-à-dire avec des principes abstraits. L’idée qui sous-tend ces démarches est qu’il est possible de trouver des principes universels de justice sociale. La seconde est plus empirique, davantage inspirée de la sociologie. Nous commencerons ici par les approches théoriques.

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