Note de lecture : Sapiens, une brève histoire de l’humanité (Y. N. Harari)

Un bon essai est un mélange entre une fiction et un article scientifique : il doit être aussi agréable à lire que le premier tout en s’approchant de la rigueur du second. Ce qu’on attend d’un essai, c’est une langue claire et fluide, mais néanmoins des arguments, si possible fondés, voire des idées nouvelles. Un essai peut même se permettre de prendre beaucoup de hauteur par rapport aux sujets très circonscrits qui sont l’objet des articles scientifiques, quitte à être démesurément ambitieux ou très original : ce n’est pas si grave.

A cet égard, Sapiens est probablement un des meilleurs essais que j’ai lu. Historien de formation, Harari réussit l’exploit de brosser un portrait de notre espèce, Homo sapiens, de l’âge de pierre jusqu’à nos jours, et se permet même en fin d’ouvrage un peu de prospective. Le propos est très large : l’histoire ne constitue que la trame de fond d’un ouvrage qui fourmille de réflexions anthropologiques, sociales, économiques, philosophiques et mêmes théologiques. La langue est limpide, Harari se révèle particulièrement excellent pour choisir les exemples pertinents, au bon moment du propos. Passons rapidement sur les chiffres : commenté par Obama et Gates, traduit en 45 langues, vendu à plus de 600 000 exemplaires rien qu’en France, pour tenter un résumé.

Le livre est divisé entre quatre grandes parties. J’essaierai de suivre grossièrement le plan de l’ouvrage et je terminerai par une critique.

Aux origines, la révolution cognitive

La première partie est de loin la plus intéressante. Harari s’y demande pourquoi une espèce aussi insignifiante (en apparence) que la nôtre, située au départ au milieu de la chaîne alimentaire, dépourvue de griffes, de crocs, ou de toute capacité physique exceptionnelle a pu en quelques milliers d’années se hisser au sommet de la chaîne alimentaire, écrasant toutes les autres espèces, y compris du genre Homo (comme l’homme de Neandertal). Question classique de paléo-anthropologie !

Harari y répond ainsi : Homo sapiens développé de manière exceptionnelle l’usage d’un langage symbolique. Non pas que ce soit la seule espèce à utiliser un langage : de nombreux animaux en utilisent, et les singes verts ont plusieurs sortes de cris en fonction de la situation (« attention, un lion » ou « attention, un aigle »). Mais Sapiens utilise le langage le plus complexe et surtout le plus souple, en associant un nombre limité de sons pour produire un nombre infini de phrases.

Un singe vert peut crier à ses congénères : « attention, un lion ! » mais un humain moderne peut raconter à ses amis que, ce matin près du coude de la rivière, il a vu un lion suivre un troupeau de bisons. Il peut indiquer l’endroit exact, y compris les différents sentiers qui y conduisent. Forts de cette information, les membres de sa bande peuvent y réfléchir et en discuter : doivent-ils aller vers la rivière ou éloigner le lion et chasser le bison ?

Pourquoi le langage complexe est-il si important ? Selon Harari, c’est parce qu’il permet de créer un système de croyances unifiant des milliers d’individus. Les espèces avec un langage non symbolique (ou peu symboliques) ne peuvent pas dépasser les quelques dizaines d’individus : sitôt que le groupe devient trop grand, il implose sous la pression des autorités concurrentes, des rivalités pour les femelles ou l’accès à la nourriture. Au final, un groupe typique de chimpanzés compte une trentaine d’individus, très rarement plus de cinquante. Or, la révolution cognitive de l’être humain lui a permis de passer progressivement à des groupes beaucoup plus étendus comptant des milliers voire des millions d’individus collaborant entre eux : sociétés, Etats, Eglises, nations, empires, religions… Pourquoi ? Parce que grâce au langage symbolique, ils sont unis par des croyances communes.

L’usage que fait Harari du terme « croyance » est très large : les croyances sont des mythes partagés qui existent dans l’imagination collective : ils n’ont pas d’existence réelle (au sens de matérielle) mais exercent néanmoins un puissant effet de contrainte sur les individus, et modèlent la réalité. Une croyance, ce peut être aussi bien un Etat que l’égalité, le totem du village qui symbolise le lion ou les sociétés à responsabilité limitée, par opposition aux individus, aux animaux, aux plantes, aux cailloux concrets qui peuplent le monde réel.

Deux Serbes qui ne ne sont jamais rencontrés peuvent risquer leur vie pour se sauver l’un l’autre parce que tous deux croient à l’existence d’une nation serbe, à la patrie serbe et au drapeau serbe.

Harari prend l’exemple de l’entreprise Peugeot : cette organisation est, comme toutes les entreprises, une pure fiction juridique, qui n’a pas d’existence réelle (vous avez déjà croisé Peugeot dans la rue ?), mais associée à tout un réseau complexe de symboles (marque, image, chiffres financiers) et à une production bien réelle d’automobiles. « Peugeot » comme organisation est une fiction qui se distingue clairement des hommes en chair et en os qui la dirigent tout autant que des véhicules bien concrets qui sont produits dans ses usines tout aussi concrètes : tout le monde se comporte néanmoins comme si « Peugeot » existait réellement : actionnaires, salariés, dirigeants, clients, etc.

D’ailleurs, les fictions collectives humaines n’ont nul besoin d’avoir un quelconque rapport avec la réalité, notamment biologique, pour exercer leur pouvoir. Dans un amusant passage, Harari réécrit le célèbre préambule de la déclaration d’indépendance américaine (Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les homme sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur) pour la transformer en une déclaration d’indépendance biologique, basée uniquement sur la réalité biologique des Sapiens : nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes ont évolué différemment ; ils sont nés avec certaines caractéristiques muables ; parmi ces caractéristiques se trouvent la vie et la recherche du plaisir. Il reprend également l’exemple du célibat des prêtres comme trait culturel typiquement contraire à l’évolution, puisque cette caractéristique ne procure (par définition) aucun avantage évolutif. Comment expliquer qu’elle se soit malgré tout répandue chez des millions d’individus dans l’histoire, autrement que par la force des croyances ?

Les fictions collectives humaines peuvent aussi radicalement évoluer : le passage sur la masculinité, où Harari explore les évolutions historiques extrêmes de ce que signifie être viril pour les Sapiens mâles en comparant un portrait de Louis XIV et de Barack Obama, est parlant ; tout comme celui sur le patriarcat, où il se demande pourquoi tant de cultures différentes à des milliers d’années d’intervalle ont eu à peu près les mêmes conceptions de la femme (moins estimable qu’un homme) avant d’évoluer ces dernières décennies.

Alors que l’ADN d’Homo sapiens n’a pas changé depuis des milliers d’années, ses croyances se sont multipliées, agrandissant toujours plus la taille des groupes humains. Déjà, les Sapiens étaient capables de coopérer étroitement à plusieurs dizaines pour chasser tout un troupeau d’animaux ou un tendre un piège à un Mammouth ; aujourd’hui, l’action de milliards d’individus dépend de fictions telles que les droits de l’homme, Google ou l’Eglise catholique.

En un combat singulier, un Neandertal aurait probablement battu un Sapiens. Mais dans un conflit de plusieurs centaines d’individus, les Neandertal n’avaient pas la moindre chance. (…) Pris un par un, voire par dix, nous sommes fâcheusement semblables aux chimpanzés. Des différences significatives ne commencent à apparaître que lorsque nous franchissons le seuil de 150 individus ; quand nous atteignons les 1500-2000 individus, les différences sont stupéfiantes. Si vous essayiez de réunir des milliers de chimpanzés à Tian’anmen, à Wall Street, au Vatican ou au siège des Nations unies, il en résulterait un charivari. En revanche, les Sapiens se réunissent régulièrement par milliers dans des lieux de ce genre. Ensemble, ils créent des structures ordonnées : réseaux commerciaux, célébrations de masse et institutions politiques, qu’ils n’auraient jamais pu créer isolément.

La fin de la première partie explore le mode de vies des fourrageurs Sapiens du monde pré-agricole (sexualité, guerres, alimentation) et s’interroge sur les conséquences de l’élargissement progressif de la taille des groupes de Sapiens : outils toujours plus performants (des outils complexes ne servent à des individus que s’ils peuvent coopérer, estime Harari) et extinctions massives des espèces concurrentes ou proies pour les Sapiens. Pour l’historien, l’arrivée des êtres humains au sommet de la chaîne alimentaire a signé le début du carnage pour les autres espèces.

Deuxième et troisième parties : Révolution agricole et unification de l’humanité

Déroulant le fil de l’Histoire, Harari explore dans ces parties comment Sapiens est devenu sédentaire (la Révolution agricole, partie 2) puis a commencé à unifier les membres de l’espèce (partie 3).

De façon très surprenante par rapport au sens commun qui voudrait que l’agriculture soit un progrès pour l’humanité (le sens commun a toujours tendance à lire l’Histoire comme un progrès continu ou au contraire une perpétuelle décadence, bref, à moraliser l’histoire), Harari argumente (avec talent) sur le fait que ce fut au contraire une catastrophe à presque tous les niveaux. J’essaierai ici de résumer rapidement le propos : les petites bandes de fourrageurs qui peuplaient l’Eurasie il y a 15 000 ans vivaient certes dans un monde difficile et violent, mais s’ils survivaient à la très forte mortalité des premières années, pouvaient facilement espérer dépasser les quarante ou même soixante ans. La nourriture ne manquait pas, s’il n’y en avait plus, il suffisait d’aller chasser et cueillir ailleurs. On se protégeait mutuellement des prédateurs et des bandes rivales. La diversité de croyances entre les bandes était probablement immense, tout comme la diversité des langages. Les fourrageurs vivaient sur quelques milliers de kilomètre carré toute leur vie et possédaient très peu d’artefacts. Néanmoins, la solidarité entre les membres du groupe avec lequel on partageait tout et on risquait sa vie à la chasse était très forte.

Avec l’apparition de l’agriculture (simultanément en plusieurs endroits du monde à partir de -9000), de toutes nouvelles sociétés commencèrent à apparaître. Elles étaient marquées par un travail épuisant (celui de la terre), le développement de la propriété privée (pour entretenir une terre, il faut rester au même endroit et la défendre), l’appauvrissement de la nourriture (la variété innombrable du menu des chasseurs-cueilleurs étant essentiellement remplacée partout par du blé ou du riz), des inégalités sociales de plus en plus massives, ainsi que le développement rapide du calcul et de la bureaucratie (largement inutile dans une société nomade mais indispensable dans une société agricole sédentarisée).

La vie devint de plus en plus difficile : pour Harari, l’agriculture n’a rien apporté individuellement à l’espèce Sapiens, bien au contraire.

L’habitant moyen de Jericho en 8500 avant notre ère avait une vie plus rude qu’en 9500 ou 13000 avant J-C.

En revanche, c’est collectivement que l’agriculture a bénéficié à l’humanité : en apportant une nourriture certes moins riche mais beaucoup plus abondante, l’agriculture a entraîné un bond démographique colossal. Individuellement, les paysans étaient les victimes de cette évolution ; collectivement, l’espèce Sapiens était toujours plus nombreuse, toujours mieux organisée, toujours plus dominante sur les autres espèces.

La partie 3 poursuit le fil de l’Histoire et s’intéresse aux grand moteurs de l’unification de l’humanité en groupes toujours plus grands et interdépendants, permettant à de parfaits inconnus de coopérer de manière efficace (chose impossible pour les chimpanzés !). Harari explore trois moteurs de cette unification : les marchands (commerce), les religions (prêtres) et les soldats (empires). Je n’ai pas grand chose à commenter sur cette partie, plutôt classique mais toujours bien argumentée et convaincante, même si sa critique des religions manque certainement de nuance. Parce qu’ils vivent sous le joug du même empire, qu’ils commercent entre eux ou qu’ils partagent des croyances religieuses communes, les Sapiens ont développé des coopérations toujours plus étroites au fil de l’histoire.

Avec la Révolution agricole, les sociétés humaines sont devenues toujours plus grandes et plus complexes, tandis que les constructions imaginaires soutenant l’ordre social devinrent aussi plus élaborées. Mythes et fictions habituèrent les gens, quasiment dès la naissance, à penser et de certaines façons, à se conformer à certaines normes, à vouloir certaines choses et à observer certaines règles. Ce faisant, ils créèrent des instincts artificiels qui permirent à des millions d’inconnus de coopérer efficacement. C’est ce réseau d’instincts artificiels qu’on appelle « culture ».

Dernière partie : la Révolution scientifique

La dernière partie démarre au XVIème siècle et explore les conséquences de la révolution scientifique européenne. Elle s’attache à comprendre pourquoi ce continent qui n’avait jusque-là qu’une place marginale dans l’Histoire fut à la pointe de la transition du monde ancien au monde nouveau, du fait d’un ensemble de croyances partagées de longue date par les peuples européens.

Harari explique l’essor de la science européenne comme une alliance entre la technique, le capitalisme et l’impérialisme, et décrit longuement le passage des mentalités anciennes aux mentalités nouvelles, basées sur trois dimensions : l’ignorance (on sait qu’il reste beaucoup à découvrir, alors qu’on pensait naguère que tout ce qu’il y avait à savoir d’important se trouvait dans les livres saints) ; la place centrale de l’observation et des mathématiques ; et enfin la dimension pragmatique de la science, avec une visée pratique et technique.

De longs développements sont consacrés à l’essor du capitalisme et du commerce ainsi qu’à l’alliance du marché et de l’Etat, dans ses dimensions négatives (les passages sur les victimes de la colonisation et l’esclavage) et positives (l’abondance matérielle). Etats toujours plus organisés, bureaucraties toujours plus complexes, arsenaux militaires toujours plus puissants conduisirent à une période de paix sans précédent au cours de la deuxième moitié du XXème siècle que Harari explique par quatre facteurs qui forment une boucle de rétroaction : l’hypercapitalisme consumériste rend la guerre désastreuse et la paix propice aux affaires ; le capitalisme immatériel rend les bénéfices de la guerre douteux (sauf dans les régions riches en actifs matériels comme le pétrole) tandis que ses coûts potentiels explosent avec l’existence d’un arsenal capable d’éradiquer l’humanité entière.

Les derniers chapitres du livre s’intéressent au futur et proposent différents scénarios autour du génie génétique d’un homme capable de dépasser les limites de sa biologie pour devenir un dieu (mais sera-t-il encore un Sapiens ?).

Avis personnel et critique

Ce livre a d’immenses qualités : il est parfaitement écrit, fourmille de réflexions stimulantes qui croisent de nombreuses disciplines. Harari fait montre d’une très grande culture générale tout en veillant le plus souvent à sourcer son propos.

Il est évident cependant que ce livre n’est pas exempt de critiques. D’abord, certains passages manquent de nuance parce qu’Harari développe son opinion personnelle : son véganisme apparaît clairement à plusieurs endroits du livre, de même qu’une relative hostilité aux religions. Ce n’est pas franchement gênant, mais on sent bien que le livre, comme tout essai, mêle propos scientifiques et réflexions personnelles.

En parlant de propos scientifiques, je ne suis pas compétent pour juger toutes les affirmations, notamment les plus historiques. Le sujet du livre est tellement vaste qu’il faudrait des centaines de spécialistes pour reprendre une à une toutes les affirmations. Très populaire et donc très médiatisé, le livre a eu droit à son lot de critiques de spécialistes dénonçant des propos parfois trop rapides, des raccourcis et des explications trop rapides, voire simplistes. Ce qui n’est parfois que théorie spéculative est présenté comme un fait éprouvé. Harari explique le développement des Sapiens par leur capacité à raconter des histoires et à cet égard il est un éminent représentant de notre espèce ! D’autres spécialistes ont reconnu l’intérêt de son ouvrage mais ont souligné qu’aucune des idées qu’il développe n’est vraiment nouvelle. Je ne suis pas très étonné car il y a moi-même plusieurs idées que j’avais lu ailleurs, dans des essais ou des articles scientifiques. Par contre, on peut savoir gré à Harari de les regrouper en un même ouvrage avec un exceptionnel talent de vulgarisateur.

Ceci étant dit, les quelques passages qui relèvent davantage de mes compétences (sur l’histoire du capitalisme et sur le rôle de la monnaie dans les échanges notamment) m’ont paru assez bons, suffisamment synthétiques tout en restant exacts. Les développements théologiques sur le bouddhisme ne m’ont pas appris grand chose mais j’ai trouvé ça plaisant à lire. Quant à l’interrogation en fin d’ouvrage sur le lien entre développement de la richesse matérielle et bonheur (interrogation on ne peut plus classique !), Harari a le bon goût de ne pas en rester à de vagues spéculations philosophiques mais y apporte quelques connaissances économiques, pour en conclure des choses assez banales mais justes (un paysan du Moyen-âge n’était pas forcément plus malheureux qu’un cadre moderne).

Le regretté Neil Amstrong, dont l’empreinte de pas demeure intacte sur la Lune qu’aucun vent ne balaye, fut-il plus heureux que le chasseur-cueilleur anonyme qui, voici 30 000 ans, laissa l’empreinte de sa main sur une paroi de la grotte Chauvet ?

Un seul défaut majeur, finalement : le livre est trop long. Harari se fait plaisir à l’écriture, multipliant dans un même chapitre les longs exemples (qui parfois n’apportent rien de plus à une idée qu’il a déjà exprimé) et les digressions. Une écriture plus concise et resserrée autour des idées principales aurait été bienvenue.

Un livre à lire pour se faire sa propre opinion.

Un certain Juif, Jésus (12/12)

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Le miracle du pain et du poisson, Giovanni Lanfranco, 1623

I. Intérêts et limites de la recherche sur Jésus de Nazareth (article numéro 1)
A. Deux limites de la recherche historique sur Jésus de Nazareth
B. Trois intérêts de la recherche historique sur Jésus de Nazareth (article numéro 2)
Conclusion : l’enjeu de la recherche historique
II. Les méthodes de la recherche : comment procèdent les biblistes ? (article numéro 3)
A. Les critères d’historicité
B. Les preuves archéologiques
C. La théorie des deux sources
III. La vie d’un certain Juif : que peut-on dire de fiable sur Jésus de Nazareth ? (article numéro 4)
A. Jésus a-t-il existé ?
B. Naissance et famille, grandes lignes du ministère (article numéro 5)
C. La question des frères et sœurs de Jésus
D. Le groupe de disciples de Jésus : Jésus a-t-il voulu fonder une Église ?
E. Les miracles de Jésus
IV. Le message de Jésus (article numéro 6)
A. Le royaume de Dieu
B. Le rapport de Jésus à la Loi juive
C. Les commandements d’amour de Jésus
Conclusion sur le message de Jésus

Un an plus tard…
V. Méthodologie (rappels) (article numéro 7)
A. La recherche historique n’est pas une démonstration de la foi chrétienne
B. La question de la fiabilité du Nouveau Testament
C. L’identité de Jésus : un problème méthodologique délicat, mais pas insurmontable
D. Ce que nous savons jusqu’à présent
E. A qui Jésus peut-il être comparé ?
VII. Précisions étymologiques (article numéro 8)
A. Le terme “Messie”
B. L’expression “Fils de Dieu”
C. L’expression “fils de l’homme”
D. Le terme “Seigneur”
E. Les Noms de Dieu dans l’Ancien Testament
VIII. La théologie chrétienne et ses développements (article numéro 9)
A. Que dit la doctrine chrétienne au sujet de Jésus ?
B. Objections et hérésies
IX. La foi de Paul (article numéro 10)
A. Les questions de date
B. La foi de Paul est-elle celle de l’Église primitive ?
C. De Jésus à Paul, une modification de l’objet de la foi
D. Le statut ontologique de Jésus dans la pensée paulinienne
X. Que disent les Actes des Apôtres ?
(article numéro 11)
XI. Ce qui est dit de Jésus dans les Évangiles
A. L’Évangile de Marc
B. Les autre synoptiques
C. Un mot sur Jean
XII. Conclusion : les titres de Jésus dans le Nouveau Testament
A. Résumé de la titulature de Jésus
B. Jésus et la foi chrétienne
C. Maintenir la tension
XIII. L’identité de Jésus : une certitude impossible (cet article)
A. Argument théologique
B. Argument historique
XIV. Cinq prétentions de Jésus
A. Réaliser des miracles
B. Corriger la loi de Moïse
C. Tout quitter pour le suivre
D. S’adresser à Dieu comme à son père
E. Pardonner les péchés
F. Et tout ça, sans la moindre légitimité
XV. La crucifixion et le moment de la foi
A. L’historicité de la crucifixion
B. Comment apparaissent les disciplines durant le ministère de Jésus ?
C. Et après la crucifixion ?
XVI. La foi des Actes

Le plan ci-dessus montre déjà une bonne part du chemin parcouru par cette série depuis que je l’ai commencé, en juillet 2015 (quatre ans déjà… alors que j’avais commencé à lire Meier en 2011, voilà près de dix ans !) : avec les indispensables réflexions de méthode, des question de fond qui traitent tous de l’identité de Jésus (directement ou indirectement). Pour l’instant, à part les miracles nous avions laissé de côté les actes de Jésus. Que disent-ils du prophète ? Confirment-ils ou infirment-ils la conclusion du titre XII ?

Cet article sera suivi d’une longue conclusion (probablement pas cette année).

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Une histoire de la pensée économique depuis 1945 : l’économie contemporaine (6/6)

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6. La science économique contemporaine

Il est difficile de résumer rapidement l’état d’une science aussi diverse, au niveau international, que l’économie. Je vais donc devoir être beaucoup plus long, même si cela restera au final succinct par rapport à tout ce que l’on pourrait développer. Quelles sont les grandes lignes qui structurent cette discipline depuis les controverses issues du keynésianisme ? On analysera d’abord les évolutions sur la méthodologie des économistes, puis les questions de fond.

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Une histoire de la pensée économique depuis 1945 : l’école néoclassique (5/6)

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5. Les nouveaux classiques, la crise du keynésianisme

Les « nouveaux classiques » ou encore la « nouvelle macroéconomie classique » regroupe un ensemble d’auteurs qui ont pour point commun de remettre sévèrement en question, à partir des années 1970, la doctrine keynésienne. Durant tout le début des Trente Glorieuses, en effet, le keynésianisme était dominant et les recettes de Keynes semblaient fonctionner pleinement : taux de chômage inférieur à 4% dans la plupart des pays développés, croissance supérieure à 5%, forte progression des salaires et du pouvoir d’achat, moyennisation de la société, etc.

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Une histoire de la pensée économique depuis 1945 : l’école autrichienne (4/6)

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4. L’école autrichienne, l’apologie du libéralisme

Cette école a une place marginale en science économique, du fait de sa combinaison originale de libéralisme radical et d’hétérodoxie. Son nom provient du fait que ses fondateurs étaient de nationalité autrichienne : il s’agit de E. von Böhm-Bawerk, de L. von Mises et surtout de F. Hayek (J.A Schumpeter peut être considéré comme un autrichien hétérodoxe). Les principales caractéristiques de cette école sont les suivantes.

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Une histoire de la pensée économique depuis 1945 : le postkeynésianisme (3/6)

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3. Le postkeynésianisme, le rejet du « Keynes-orthodoxe »

A. A la lisière entre Keynes et Marx

Les postkeynésiens sont des économistes qui ont refusé l’article de J. Hicks de 1937, considérant qu’il s’agissait d’une interprétation classique de la pensée de Keynes, contraire aux intuitions centrales du maître de Cambridge. Les postkeynésiens entendent insister sur le caractère radicalement anticlassique de la pensée de Keynes et rejettent les aspects les plus « classico-compatibles » du keynésianisme. Ils insistent sur l’économie comme circuit plutôt que comme équilibre (en particulier Kalecki), sur les prix rigides à court terme, sur le rôle de l’investissement, sur la dimension macroéconomique dans un contexte d’incertitude radicale et sur l’information imparfaite. Enfin, ils insistent sur le rôle effectif de la monnaie à court terme et à long terme, alors que les néoclassiques défendent la théorie de la neutralité de la monnaie, donc l’inefficacité des politiques publiques.

Les principaux représentants de ce courant sont N. Kaldor, M. Kalecki, J. Robinson (en photo) ou encore P. Sraffa. Comme on peut l’imaginer des hétérodoxes aussi radicaux n’avaient aucune chance d’obtenir le Prix Nobel.

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Une histoire de la pensée depuis 1945 : le néokeynésianisme (2/6)

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2. Le néokeynésianisme, l’intégration de Keynes dans la théorie classique

Ce courant prend sa source dans l’article de John Hicks, M. Keynes and the Classics : a suggested interpretation, (1937) qui, à peine un an après la parution de la Théorie Générale, entend formaliser mathématiquement les principales idées de Keynes. Les principaux représentants de ce courant sont J. Hicks, R. Solow, R. Mundell et surtout P. Samuelson : ils obtiendront tous le Prix Nobel. L’objectif théorique de ce courant est d’intégrer Keynes à la théorie classique en faisant de Keynes un cas particulier du modèle classique. Alors que Keynes semble de prime abord opposé aux classiques, ce courant cherche au contraire à montrer qu’il est possible de les réconcilier. On a parfois appelé ce courant « école de la synthèse ». C’est le courant majeur de la seconde moitié du XXème siècle. Ses principales caractéristiques sont les suivantes.

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