La France et les 1% de CO₂ : cinq arguments pour nuancer

Il revient régulièrement dans le débat public l’argument selon lequel la France n’a aucun impact sur le réchauffement climatique car “elle ne représente que 1% des émissions mondiales de CO2”. Argument souvent avancé par des politiques de droite, qui dit en substance : lâchez-nous la grappe avec nos SUV, le problème c’est la Chine.

Cet argument s’appuie sur une statistique parfaitement exacte : avec un peu plus de 315 millions de tonnes de CO2 émises chaque année (en baisse depuis le milieu des années 1970), la France représente moins de 1% —0,86% exactement— du total mondial, contre un pic de 12% atteint au milieu du XIXème siècle.

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Le chiffre est donc exact, mais son interprétation l’est-elle ? On connaît la fameuse citation du grand démographe et économiste Alfred Sauvy :

 « Les chiffres sont des êtres fragiles qui, à force d’être torturés, finissent par avouer tout ce qu’on veut leur faire dire. »

Cet article n’a pas pour but d’exagérer le poids de la France dans le réchauffement climatique : quelle que soit la façon dont on regarde le problème, nous sommes plutôt un bon élève dans le club des pays riches. Notre nucléaire nous permet d’avoir une électricité très peu carbonée, au niveau de pays tels que la Nouvelle-Zélande ou la Norvège, qui pour leur part s’appuient surtout sur l’hydraulique et l’éolien. La France est aussi l’un des rares pays riches qui est parvenu à réduire sa consommation primaire d’énergie depuis le début des années 2000 —même si nous consommons bien plus que dans les années 1950.

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Sur ce plan nous tirons aussi avantage d’être membre de l’Union Européenne, la zone économique qui a les  normes environnementales les plus strictes de la planète, bien plus strictes que celles des deux autres géants, la Chine et les Etats-Unis.

Tout ceci étant rappelé, l’argument des 1% est un peu trop souvent caricaturé pour dédouaner la France de toute responsabilité écologique. J’aimerai donc avancer quelques arguments pour le nuancer.

1. Beaucoup de pays sont à 1%

Le journaliste Mickaël Correira souligne à raison qu’un grand nombre de pays (97%) représentent autour de 1% des émissions mondiales : le Canada, le Mexique, la Turquie, le Brésil, l’Afrique du sud, l’Iran… si tous les pays qui sont entre 1 et 3% se disent que ce n’est pas leur problème, il n’y a aucune chance de parvenir à réduire les émissions mondiales.

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2. Les émissions moyennes d’un pays masquent les inégalités en fonction du revenu

Une bonne image vaut mieux qu’un long discours :

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3. Les émissions réelles de la France sont plus élevées

La plupart des comparaisons internationales des émissions de CO2 se basent sur des calculs d’émissions directes. C’est assez logique : ce sont les chiffres les plus faciles à obtenir. Si on sait combien la France consomme d’essence ou fabrique de ciment chaque année il est plutôt simple d’en déduire les émissions de CO2 car on connaît les émissions associées à chaque quantité d’énergie consommée ou de matière première fabriquée.

Cependant, on sait bien que les émissions réelles, incluant toutes les consommations et les usages, productifs ou non, collectifs ou individuels, directs et indirects, sont bien plus élevées. C’est la raison pour laquelle le chiffre d’un peu plus de 4 tonnes par habitant avancé sur le site Our World In Data (que j’utilise majoritairement ici) est sous-estimé. La plupart des organismes qui proposent d’évaluer son empreinte carbone (en France, le calculateur de l’ADEME est le plus connu) trouvent en général bien plus que 4 tonnes par habitant. Dans l’introduction de son calculateur, l’ADEME affirme d’ailleurs que chaque Français émet en moyenne 10 tonnes de CO2, soit plus de deux fois le chiffre annoncé par Our World in Data, qui reprend des données du Global Carbon Project.

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Naturellement, calculer une empreinte complète suppose beaucoup d’hypothèses plus ou moins arbitraires (chaque objet voire chaque usage étant différent, il n’émet pas la même quantité de CO2), raison pour laquelle les émissions directes sont bien plus simples à utiliser en comparaison internationale. D’autre part, ce qui est vrai de la France est vrai de tous les pays : il demeure impossible de savoir quelle serait la part exacte de la France dans les émissions mondiales si on pouvait calculer l’empreinte réelle de tous les pays, en incluant toutes les émissions indirectes. On peut tout de même retenir que les chiffres des comparaisons internationales sont des hypothèses (très) basses.

4. Il faut inclure les émissions importées

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L’argument des 1% suppose une approche basée sur la production, c’est-à-dire qu’on calcule les émissions directes associées au PIB d’un pays. Une approche basée sur la consommation consiste à augmenter ce total des émissions associées aux importations et à retirer celles associées aux exportations.

Comme la France importe la majeure partie de son énergie, cela fait significativement augmenter le total : à 422 millions de tonnes par an, la hausse est de plus de 100 millions de tonnes de CO2 soit environ un tiers de plus. Dans ces conditions, la part de la France au niveau mondial augmente, mais il est difficile d’imaginer que ce soit dans des proportions gigantesques. A supposer que l’augmentation soit proportionnelle à la hausse des émissions, la part de la France passerait de 0,86% à …1,17%.

5. Il faut tenir compte du nombre d’habitants

Il y a évidemment un lien direct entre nombre d’habitants et émissions de CO2. On rappelle la formule de l’égalité de Kaya, pratiquement tautologique :

l'avenir du monde selon l'équation de kaya - Martouf le Synthéticien

Ainsi, une population donnée (POP), qui dispose d’un niveau de richesse donnée (PIB/POP), utilisant une énergie donnée (TEP/PIB où TEP est Tonne Equivalent Pétrole), laquelle est émettrice d’une quantité de CO2 donnée (CO2/TEP), produira une quantité donnée de CO2.

Pas besoin d’être un génie en maths pour comprendre qu’à niveau de richesse et énergie utilisée équivalente, c’est la taille de la population qui détermine le volume des émissions de CO2. Il est absurde de clamer que “La France émet moins de CO2 que la Chine” alors que nous sommes 20 fois moins nombreux.

Bien sûr, du point de vue du climat, seules les émissions totales comptent (la planète se fiche des émissions par habitant) mais du point de vue des politiques publiques (qui impliquent de mesurer les responsabilités respectives), il est normal de ne pas comparer des carottes et des tomates, et nécessaire de ramener les émissions à leur niveau par habitant pour peser le poids du mode de vie de chaque pays dans le réchauffement global.

Or donc, si on regarde les émissions par habitant, la France, tout en restant performante à l’échelle des pays riches, n’est pas non plus le champion de la sobriété. Nous sommes certes loin des “champions” en la matière, des petits pays riches (Qatar, Luxembourg, Emirats Arabes Unis…) qui dépassent allègrement les 25 tonnes par habitant, et même loin derrière les Etats-Unis (15 tonnes) ou la Chine (7 tonnes), mais nous émettons toujours un peu plus que la moyenne mondiale, et bien plus que des pays en développement tels que l’Inde —qui pourtant produit la quasi-totalité de son électricité à partir de charbon— auxquels nous serions mal avisés de faire la leçon.

Infographie: Les émissions de CO2 par habitant à travers le monde | Statista

Conclusion

Voilà un sujet qui mérite certainement la nuance. Il est indéniable que la France est un bon élève à l’échelle des pays riches : évidemment, nous consommons plus d’énergie et émettons plus de CO2 que le Ghana, mais qui peut sérieusement faire la comparaison et souhaiter le niveau de développement de ce pays ? Il est également indéniable — et c’est un point majeur— qu’il n’y aura aucune avancée sur le réchauffement climatique sans progrès des deux plus gros pollueurs de la planète, la Chine et les Etats-Unis.

Pour autant l’interprétation du “laissez-faire” est plus que discutable, et ce pour trois raisons principales : d’une part, même les bons élèves peuvent mieux faire, et la France n’est pas si bonne élève que cela quand on inclut les émissions totales, qu’on ajoute les importations et qu’on rapporte le total au nombre d’habitants. D’autre part, nous avons une responsabilité historique dans les émissions passées, c’est-à-dire accumulées, celles qui comptent pour le réchauffement global. La Chine n’a décollé économiquement qu’à partir des années 1990 ; l’Inde, encore plus récemment : raison pour laquelle il est difficile de faire la leçon à ces pays.

Enfin et surtout, la question du  réchauffement climatique est par essence une question globale, le climat étant un bien commun au sens économique du terme.  Dès lors, c’est une question de leadership politique, diplomatique et économique : premiers à avoir réalisé leur développement industriel, le rôle des pays européens est d’assumer ce leadership, et d’accompagner (y compris financièrement) les pays moins développés pour sortir du charbon. Une attitude de laissez-faire de l’Union Européenne, du type « c’est pas nous, c’est vous », même justifiée par le poids modeste de l’UE dans les émissions mondiales (10% du total pour l’ensemble de l’UE à 28), ne ferait qu’aggraver le problème en incitant les autres pays à abandonner tout effort.

Le retour de l’inflation

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Depuis plusieurs années, les Européens vivent dans un monde avec une inflation faible et stable autour de 1% par an. Ce qui était devenu une habitude dans nos latitudes est cependant loin d’être la norme mondiale. En Afrique, il est rare de trouver des pays avec une inflation annuelle inférieure à 2%: dans cette liste du site Statista, il n’y en a d’ailleurs aucun. Le Cap-Vert est à 2,3% et le record est détenu par le Soudan à 245%, la plupart des pays étant entre 5 et 10%. Autre exemple, l’Argentine, bien connue pour être marquée depuis des décennies par une inflation endémique, contre laquelle les gouvernements successifs ne sont pas parvenus à lutter :

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Le salaire des enseignants

Convention Banque de France – ministère de l'Éducation nationale | Citéco

Ceci est une version développée d’un article paru dans la revue Esprits, dont vous trouverez le lien ici

 

La question des salaires est une question socioéconomique cruciale. Elle est à la fois économique (qu’est-ce qui détermine les rémunérations du travail ?), sociale (pourquoi des inégalités salariales ?), éthique (quel travail, et donc quelle fonction dans la société, « mérite » quel salaire ?). Les économistes et les sociologues s’intéressent depuis longtemps à ces questions, mais nous allons ici nous centrer sur une profession en particulier, dont la rémunération a fait l’objet de nombreux débats durant la campagne présidentielle : celle des enseignants.

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Note de lecture : Le monde sans fin (Blain & Jancovici)

Bon, finalement, je chronique une deuxième bédé…Winking smile

Les auteurs

Christophe Blain est bien connu dans le monde de la bédé. C’est le seul auteur à avoir remporté deux fois le prix du meilleur album du festival d’Angoulême. Je n’ai lu que son œuvre la plus connue : Quai d’Orsay, une chronique diplomatique sur la vie du ministère des Affaires d’Etrangères sous Dominique de Villepin. Dit ainsi, ça ne semble pas très excitant, mais la série est géniale, foncez ! Le dessin de Blain est toujours drôle, propre, original. Il convient parfaitement au projet ici chroniqué. Lire la suite

Note de lecture : l’Empire, une histoire politique du christianisme (1/2)

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J’ai écrit une quinzaine de notes de lectures sur ce blog mais c’est la première fois que je chronique une bande dessinée. Ce n’est pas faute d’en lire (beaucoup !) mais elles ne se prêtent pas au genre d’analyse que j’aime faire. Cela dit, L’Empire (sous titre : Une histoire politique du christianisme) n’est pas tout à fait une bédé. Le scénario en a été entièrement rédigé par Olivier Bobineau qui est en fait un… sociologue et politologue, spécialiste des religions et membre du groupe Sociétés, Laïcités, Religions du CNRS. Aux dires de l’auteur, L’Empire “est le fruit de vingt années de travail scientifique et académique”.

L’ambition de l’ouvrage (en deux tomes publiés, un à paraître) est énorme, presque démesurée : il s’agit d’écrire une histoire du christianisme des origines à nos jours sous l’angle des rapports de pouvoirs. Je dirais un mot rapide des dessins de Pascal Magnat : ils servent utilement le propos en l’illustrant ou avec une touche d’humour, mais ils n’ont rien d’extraordinaires non plus. Dans tous les styles, j’ai vu beaucoup mieux. Néanmoins, ils ne gâchent rien, et rendent évidemment la lecture plus agréable que s’il eut s’agit d’un essai (cela reste une bédé !) Lire la suite

Note de lecture : Mémoires vives, par Edward Snowden

Amazon.fr - Mémoires Vives - Edward Snowden - Livres

L’auteur

Est-il besoin de présenter le lanceur d’alerte le plus célèbre de la planète ? En 2013, Snowden a acquis une attention médiatique internationale en divulguant des documents classifiés sur la manière dont la NSA (National Security Agency) américaine espionnait le monde entier, y compris les Américains. Il faut reconnaître à l’auteur un courage phénoménal puisqu’il a sacrifié sa carrière, son salaire confortable, son pays, la plupart de ses relations familiales et amicales restées aux Etats-Unis pour pouvoir divulguer ce qu’il a divulgué : en 2021, poursuivi pour des crimes fédéraux aux Etats-Unis, il vit toujours en Russie où il a obtenu le droit d’asile avant de s’y marier. Lire la suite

Que faire de la dette Covid (2/2) ?

Economics 101 : politique budgétaire et monétaire

Depuis la crise des subprimes en 2008, la macroéconomie a connu un certain nombre de bouleversements. Traditionnellement, les économistes distinguent la politique budgétaire et la politique monétaire : la politique budgétaire est menée par les Etats avec le vote parlementaire du budget, et a pour outil le couple dépenses publiques/recettes publiques, et pour objectifs la croissance, l’emploi et la répartition des richesses ; la politique monétaire est menée par une Banque centrale, traditionnellement indépendante des Etats (surtout dans la zone euro) et a pour outils la fixation d’un ensemble de taux dont le principal, le taux directeur, représente le taux auquel la Banque prête aux banques commerciales. Toutes les banques commerciales ont un compte à la Banque centrale : schématiquement, quand la Banque centrale veut rendre le crédit plus cher (pour ralentir l’inflation) elle augmente son taux directeur, ce qui, par effet d’entraînement, augmente le coût du crédit bancaire dans toute l’économie ;  et quand elle veut rendre le crédit moins cher (pour relancer la croissance et abaisser le chômage) elle diminue son taux directeur.

Regarder l’évolution des taux directeurs sur longue période, c’est regarder les cycles économiques :  en période de forte croissance, les taux ont tendance à monter pour freiner la surchauffe, et inversement en période de crise. On remarquera que la Banque centrale européenne a tendance à suivre (avec retard) les taux de la FED (Banque centrale américaine), suivant la conjoncture économique mondiale. Une divergence apparaît à partir de 2015 : alors que l’économie américaine est déjà sortie de la crise des subprimes depuis un moment, le chômage atteignant un point bas historique, l’économie européenne subit les contrecoups de la crise grecque de 2010-2011 et de la crise des dettes souveraines qui a suivi : de là, une divergence de stratégie qui s’atténue en 2020 à la faveur de la crise sanitaire mondiale (le graphique ne le montre pas, mais le taux principal de la FED est actuellement à 0,25%).

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Que faire de la dette COVID ? (1/2)

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La dette publique, éternel sujet maltraité

De tous les sujets économiques maltraités dans le débat médiatique (et il y en a beaucoup), la dette publique est sans doute le pire. On en finirait pas d’établir la liste des approximations régulièrement proférés par une variété de politiques, journalistes, pseudo-experts et vaguement économistes dans tous les médias et sur tous les tons sur ce thème.

C’était déjà vrai avant la crise sanitaire. Depuis, la dette publique française a atteint près de 120% du PIB (une grande partie étant lié aux mesures de soutien à l’économie durant le premier confinement, et notamment aux mesures de chômage partiel, on peut donc parler de “dette COVID”) et la litanie des bêtises a repris du service.

A vrai dire, même si ce n’est guère original (mais je n’essaie généralement pas d’être original sur ce blog !), on peut essayer de jouer au jeu des sept erreurs en guise d’introduction. Voici donc six arguments sur la dette publique qui contredisent les clichés médiatiques (nous répondrons à la question proprement dite dans la seconde partie) :

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Note de lecture : la gauche, la droite et le marché (D. Spector)

Le libéralisme peut-il être de gauche ?

La gauche, la droite et le marché (2017) est un livre étonnant. Ecrit par un économiste, il s’agit davantage d’un livre d’histoire des idées économiques et politiques, très riche de références et servi par une plume d’une grande clarté.

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A quoi sert l’économie ?

De la scientificité des sciences sociales

Il y a un peu plus d’un an j’ai écrit un long article intitulé « à quoi sert la sociologie ? » qui traite de sciences sociales en général et de sociologie en particulier, et essaie de défendre la scientificité de la sociologie. L’objet de cet article est de développer ce point de vue en se concentrant, cette fois, sur l’économie. Il sera complémentaire d’un autre article sur le même thème, que j’avais écrit en conclusion d’une série sur l’histoire des courants économiques, consacrée à l’économie contemporaine et où je digressais sur la scientificité de l’économie.

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Note de lecture : La nature du social (L. Cordonier)

La nature du social (2018) est un ouvrage qui traite de questions fondamentales sur le rapport entre nature et culture et l’explication du comportement humain en général.  Laurent Cordonier, sociologue, a pour objectif de créer des ponts entre des disciplines que l’on imagine souvent irréconciliables : la sociologie (et les sciences sociales en général) et les « sciences de la nature humaine » (psychologie cognitive, biologie évolutionniste).

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Note de lecture : Sapiens, une brève histoire de l’humanité (Y. N. Harari)

Un bon essai est un mélange entre une fiction et un article scientifique : il doit être aussi agréable à lire que le premier tout en s’approchant de la rigueur du second. Ce qu’on attend d’un essai, c’est une langue claire et fluide, mais néanmoins des arguments, si possible fondés, voire des idées nouvelles. Un essai peut même se permettre de prendre beaucoup de hauteur par rapport aux sujets très circonscrits qui sont l’objet des articles scientifiques, quitte à être démesurément ambitieux ou très original : ce n’est pas si grave.

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Capitalisme, anticapitalisme

Définition (simple) du capitalisme

Le capitalisme est un système où la propriété des moyens de production est (au moins en partie) privée, avec un système concurrentiel donc un marché où les prix ont une signification marchande. L’investissement (donc l’initiative privée) y tient une place centrale : pas de capital-isme sans capital. Au centre du capitalisme, on trouve la relation épargne <> investissement (et donc la recherche du profit).

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Un certain Juif, Jésus (12/12)

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Le miracle du pain et du poisson, Giovanni Lanfranco, 1623

I. Intérêts et limites de la recherche sur Jésus de Nazareth (article numéro 1)
A. Deux limites de la recherche historique sur Jésus de Nazareth
B. Trois intérêts de la recherche historique sur Jésus de Nazareth (article numéro 2)
Conclusion : l’enjeu de la recherche historique
II. Les méthodes de la recherche : comment procèdent les biblistes ? (article numéro 3)
A. Les critères d’historicité
B. Les preuves archéologiques
C. La théorie des deux sources
III. La vie d’un certain Juif : que peut-on dire de fiable sur Jésus de Nazareth ? (article numéro 4)
A. Jésus a-t-il existé ?
B. Naissance et famille, grandes lignes du ministère (article numéro 5)
C. La question des frères et sœurs de Jésus
D. Le groupe de disciples de Jésus : Jésus a-t-il voulu fonder une Église ?
E. Les miracles de Jésus
IV. Le message de Jésus (article numéro 6)
A. Le royaume de Dieu
B. Le rapport de Jésus à la Loi juive
C. Les commandements d’amour de Jésus
Conclusion sur le message de Jésus

Un an plus tard…
V. Méthodologie (rappels) (article numéro 7)
A. La recherche historique n’est pas une démonstration de la foi chrétienne
B. La question de la fiabilité du Nouveau Testament
C. L’identité de Jésus : un problème méthodologique délicat, mais pas insurmontable
D. Ce que nous savons jusqu’à présent
E. A qui Jésus peut-il être comparé ?
VII. Précisions étymologiques (article numéro 8)
A. Le terme “Messie”
B. L’expression “Fils de Dieu”
C. L’expression “fils de l’homme”
D. Le terme “Seigneur”
E. Les Noms de Dieu dans l’Ancien Testament
VIII. La théologie chrétienne et ses développements (article numéro 9)
A. Que dit la doctrine chrétienne au sujet de Jésus ?
B. Objections et hérésies
IX. La foi de Paul (article numéro 10)
A. Les questions de date
B. La foi de Paul est-elle celle de l’Église primitive ?
C. De Jésus à Paul, une modification de l’objet de la foi
D. Le statut ontologique de Jésus dans la pensée paulinienne
X. Que disent les Actes des Apôtres ?
(article numéro 11)
XI. Ce qui est dit de Jésus dans les Évangiles
A. L’Évangile de Marc
B. Les autre synoptiques
C. Un mot sur Jean
XII. Conclusion : les titres de Jésus dans le Nouveau Testament
A. Résumé de la titulature de Jésus
B. Jésus et la foi chrétienne
C. Maintenir la tension
XIII. L’identité de Jésus : une certitude impossible (cet article)
A. Argument théologique
B. Argument historique
XIV. Cinq prétentions de Jésus
A. Réaliser des miracles
B. Corriger la loi de Moïse
C. Tout quitter pour le suivre
D. S’adresser à Dieu comme à son père
E. Pardonner les péchés
F. Et tout ça, sans la moindre légitimité
XV. La crucifixion et le moment de la foi
A. L’historicité de la crucifixion
B. Comment apparaissent les disciplines durant le ministère de Jésus ?
C. Et après la crucifixion ?
XVI. La foi des Actes

Le plan ci-dessus montre déjà une bonne part du chemin parcouru par cette série depuis que je l’ai commencé, en juillet 2015 (quatre ans déjà… alors que j’avais commencé à lire Meier en 2011, voilà près de dix ans !) : avec les indispensables réflexions de méthode, des question de fond qui traitent tous de l’identité de Jésus (directement ou indirectement). Pour l’instant, à part les miracles nous avions laissé de côté les actes de Jésus. Que disent-ils du prophète ? Confirment-ils ou infirment-ils la conclusion du titre XII ?

Cet article sera suivi d’une longue conclusion (probablement pas cette année).

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