Ecologie : l’innovation ou rien

crise ecologique

Ce n’est aujourd’hui un mystère pour personne que nous vivons une crise écologique sans précédent. Ses principaux traits sont l’épuisement des ressources non renouvelables, le réchauffement climatique, et l’effondrement de la biodiversité. A partir de là, trois grandes réactions se dessinent.

1. Pessimistes et collapsologues

Ils considèrent que c’est déjà trop tard. Sans ressources énergétiques, sans alimentation et avec un réchauffement intenable, nous allons vers l’effondrement généralisé : social, urbain, alimentaire, démographique, etc. On imagine alors un retour à un monde tribal et violent, marqué par les famines dignes de l’Europe à la fin de l’empire romain d’occident. A l’intérieur de ce discours on trouve tout le courant de la collapsologie, qui estime que l’urgence est de préparer un tel monde à venir, par exemple en créant de petites communautés de survie type monastiques avec potager, élevage, autosuffisance, sobriété de vie.

Tout ceci pose des questions évidentes. D’abord sur le plan du constat scientifique. Si la crise écologique n’est pas discutable, ses modalités et ses échéances le sont. Prétendre que l’effondrement est 1° forcément général 2° forcément certain 3° (surtout) datable à brève échéance, par exemple 10 ans, comme je l’ai entendu de la bouche de collapsologues, n’a rien de scientifique.

Forcément général ? Si on comprend l’idée qui consiste à globaliser la pensée pour prendre de la hauteur, sur le mode du “tout est lié”, le risque est de relier des phénomènes qui n’ont qu’un vague rapport entre eux. La pensée scientifique consiste par définition à isoler les causes et distinguer les concepts. Le concept d’effondrement de la biodiversité est scientifique. Le concept d’effondrement tout court, un effondrement “civilisationnel” qui inclurait toutes les dimensions de la vie humaine actuelle, relève plutôt de la mystique ou de la philosophie.

Forcément certain ? Datable ? Les scientifiques (à commencer par ceux du GIEC) modélisent différents scénarios, du plus dangereux au moins dangereux, en fonction des multiples paramètres imbriqués, parmi lesquels la technologie disponible, les émissions prévisibles, la capacité de la biosphère à en absorber une partie, les réactions humaines et les décisions politiques. Dès lors, il est discutable de prétendre que le scénario est écrit à l’avance et qu’il est datable à brève échéance. Avoir une démarche scientifique, c’est estimer sur la base d’arguments factuels la probabilité des scénarios A, B, C en fonction des paramètres X,Y,Z. Et montrer ce qui change si on fait varier un paramètre. Non pas affirmer que tous les paramètres étant déjà écrits, un seul scénario va se produire, dans N années. Voir par exemple cet article du Pharmachien (lien).

Enfin, à supposer que le constat soit exact (l’effondrement sera général, certain et rapide), cette vision ne peut pas définir un projet politique en 2019. Quelques individus motivés et volontaires peuvent sans doute créer ces sortes de communautés autosuffisantes qu’ils appellent de leur vœux (grand bien leur fasse !) ; mais cela restera des initiatives individuelles, et isolées. Vivre ainsi en communauté n’a rien d’aisé, tous les utopistes des siècles passés, du phalanstère de Fourrier aux plateaux du Larzac en passant par les sectes religieuses en ont fait l’amère expérience. Si les moines et les moniales, quant à eux, y réussissent plutôt bien, c’est parce qu’ils s’astreignent à des règles de vie très strictes, avec une organisation sociale hiérarchisée, et qu’ils sont portés par une foi commune qui ancre une solide conscience collective. Il y a quelques mois, j’ai regardé le film “Le Grand Silence”, superbe documentaire sur la vie des chartreux. Ils n’émettent pas beaucoup de CO². Mais ils vivent littéralement dans le dénuement, leur mode de vie n’ayant pratiquement pas changé depuis le Xème siècle. Soyons clair : ça ne fait rêver personne.

Alors, que faire pour survivre à la crise écologique ? Imposer le mode de vie monastique ? Soit une deuxième approche.

2. Une bonne dictature verte

Puisque c’est tout la société qui doit changer, et que l’approche volontariste ne suffit pas, alors il nous faut une bonne dictature verte. Le retour des kolkhozes. Cette position n’est évidemment jamais affirmée telle quelle par les écologistes radicaux, mais est implicite dans nombre de discours et de propositions.

Par rapport aux pessimistes, ces écologistes considèrent qu’il n’est pas trop tard si l’on prend les bonnes mesures énergiques qui s’imposent, c’est-à-dire si le pouvoir politique porte lui-même l’initiative radicale qui convient à la situation. En général, ces propositions tiennent en un mot : interdire.

Il faut interdire les trajets en avion intérieur et extérieur, ou bien avoir un nombre limité par personne ; interdire les centre-ville aux voitures (ou interdire les voitures tout court, d’ailleurs) ; interdire les objets en plastique ; interdire la publicité qui créé un besoin superflu ; interdire les pesticides ; interdire les constructions neuves pour limiter l’urbanisation ; interdire la chasse ; interdire d’arroser son jardin pour économiser l’eau, et interdire de le tondre pour favoriser les insectes. Interdire les dosettes de café, ça pollue, et interdire les croisières, ça pollue encore plus. Interdire la viande, bien entendu ! Interdire, interdire, interdire.

Il ne s’agit pas de discuter ici telle ou telle mesure, encore moins de dire qu’interdire n’est jamais une solution (parfois, c’en est une). Mais de constater qu’il existe un projet politique écologique basé sur l’instauration, petit à petit, d’une véritable dictature au nom de la survie de la planète. Une dictature qui sera basée sur un contrôle social étendu de toutes les dimensions de l’existence, et en particulier celle qui touche à la consommation, de façon à forcer chaque individu à adopter un mode de vie plus propre.

Ce projet sauverait-il la planète ? Sans doute. Mais on voit immédiatement qu’il n’a aucun avenir politique. Personne ne souhaite une dictature verte, même pour sauver la planète. Quand des milliers de personnes sont capables de se mobiliser pendant autant de mois, avec une telle force, pour défendre leur pouvoir d’achat et leur droit de rouler à plus de 80km/h sur les routes nationales non séparées d’un terre-plein central, autant dire que la dictature verte n’est pas pour demain.

Ce projet n’a pas d’avenir politique, et il est de toute façon non souhaitable. Si pour survivre, il faut renoncer à tout ce qui fait le sel de la vie, que vaut-il la peine de survivre ? Car consommer fait (aussi) partie du plaisir de l’existence. Quand on pense à la “société de consommation”, on imagine toujours la vision caricaturale du jeune cadre trentenaire qui change de téléphone tous les six mois. Mais consommer, c’est d’abord consommer des services, et in fine consommer de l’énergie, qui nous rend la vie hautement agréable : l’électricité, les transports (donc la mobilité), les loisirs, les voyages, internet, le chauffage, et tous les objets en plastiques dont nous nous servons quotidiennement : c’est un confort que nous avons accumulé au fil des siècles, et auquel il est très difficile de renoncer. Même quand on est convaincu de la nécessité, d’ailleurs ! Beaucoup d’écologistes militants qui tiennent un discours radical ont une empreinte écologique dix fois supérieure à la mienne, ne serait-ce que tous ces voyages en avion pour convaincre le peuple de l’urgence de la transition. Sans parler de ces présentations powerpoint faites avec un ordinateur dont la production et l’usage génère du CO² (horresco referens) pour montrer la gravité du problème, dans une salle chauffé (enfer !), de ces nombreux posts Facebook qui génèrent de la chaleur dans une ferme de serveurs californienne, etc. Ce n’est pas une surprise : il est beaucoup plus facile de discourir du changement que de se l’appliquer à soi-même, et si c’est déjà le cas des écologistes convaincus, que dire des non-convaincus ? On comprend que la thèse complotiste du “réchauffement climatique qui n’existe pas” fasse florès, elle permet de donner une assise pseudo-scientifique à une absence totale de changement de son propre mode de vie.

Ecrivant cela, je ne prétend nullement qu’il n’y a rien à faire sur le plan des décisions politiques en matière d’écologie. Bien au contraire ! Il faut souvent taxer, parfois interdire, beaucoup inciter. Mais je note que, selon les écologistes eux-mêmes, les demi-mesures ne seront pas suffisantes. Car la crise est déjà trop avancée. Aux dires même des spécialistes de la crise écologique, taxer le kérozène (mesure pourtant nécessaire) apparaît comme dérisoire vu les enjeux. Dès lors, il convient d’en tirer les conclusions qui s’imposent : une dictature verte ou la mort. Il est pour moi très clair que nos contemporains préfèreront la mort. Prétendre le contraire, c’est se leurrer gravement sur notre attachement à notre confort, et oublier que nous vivons dans des sociétés où le processus d’individualisation a atteint un aboutissement inégalé : tout le monde pense aujourd’hui son rapport au monde en fonction de sa propre vie et de ses propres convictions. Il paraît alors inenvisageable à chacun d’imaginer laisser l’Etat avoir un droit de regard aussi radical et extensif sur mon choix de consommer tel ou telle chose au nom d’un hypothétique but collectif, alors que la pensée même d’appartenir à un collectif en hérisse la majorité. Nous sommes attachés aux libertés individuelles. Et nous ne sommes pas des chartreux.

3. L’innovation ou rien

Si le projet collapsologique de petites communautés autosuffisantes restera marginal, et si la dictature verte est impossible, et puisqu’on ne peut pas éviter la crise écologique, alors c’est l’innovation ou rien.

Innovation est un grand mot qui peut désigner bien des choses. Pour aller vite, distinguons après Mensch (1975) l’innovation fondamentale, motrice des cycles économiques et la croissance par “destruction créatrice” (Schumpeter), et la pseudo-innovation, simple différenciation marketing qui ne fait que retarder la saturation des marchés. D’un côté, l’électricité ou internet, de l’autre le dernier iPhone. De Schumpeter à Solow et de Samuelson à Romer, des générations d’économistes ont modélisé et approfondi la question de l’innovation pour comprendre pourquoi elle était aussi importante dans la croissance : pour aller vite, résumons en disant qu’elle produit une amélioration de la productivité, donc de l’efficacité avec laquelle nous utilisons les ressources dont nous disposons (capital et travail), ce qui nous permet de nous enrichir et en même temps de travailler moins.

Analyser le rôle de l’innovation dans la croissance est une chose, se risquer à prédire l’avenir en est une autre. C’est une partie essentielle de la science, mais un art ô combien difficile. Du point de vue économique, il est très difficile de prédire si nous allons vers un nouveau régime de croissance forte porté par des innovations fondamentales, ou si, au contraire, nous sommes entrés dans l’ère de la stagnation séculaire.

D’un côté, des économistes “néo-schumpétérien” comme Philippe Aghion, pour qui de nouvelles phases de fortes innovations sont déjà enclenchées. Si elles ne sont pas encore visibles, c’est qu’on sait mal mesurer l’innovation d’un point de vue comptable. Quand un nouveau produit sort, il est généralement plus cher, si bien qu’on enregistre dans un premier temps une simple inflation avant de constater la différence de qualité. Plus l’innovation est forte, plus l’inflation est surestimée. Quelles innovations seraient alors censées nous sauver la mise ? On peut penser aux innovations suivantes (liste non exhaustive) : la généralisation des voitures électriques ou hybrides, des modes de transport plus efficaces et plus propres (BHNS, bus électriques), le tout alimenté par de nouvelles sources d’énergie, en partie renouvelables et surtout portées par la fusion froide, une diminution du C0² émis par unité de PIB en raison d’une meilleure isolation des logements, de la généralisation de pompes à chaleur dernier cri, le développement de l’économie circulaire, du recyclage, de l’autopartage et du partage de biens en général, la génération et l’amélioration de puits de Co², le pétrole de synthèse, l’agriculture urbaine, etc.

En quoi ces innovations résolvent-elle la crise écologique ? Parce qu’elles conduisent à découpler la croissance de l’énergie. Ce découplage (qui restera toujours relatif) est absolument nécessaire à la diminution de l’empreinte écologique de l’espèce humaine. Comme le montre le montre Alain Grandjean dans un article absolument indispensable (lien), ce découplage est en réalité déjà engagé. Grandjean montre que l’efficacité énergétique pour chaque dollar de PIB s’améliore depuis des décennies. En terme d’économie bas-carbone, nous faisons déjà beaucoup mieux que nos parents. Mais sommes nous assez rapides ?

Ralentissement récent de la réduction du ratio Energie/PIB (en base 100)

Source : Grandjean.

Loin de cet optimiste, les économistes tenant de la stagnation séculaire (Gordon en tête de file) estiment que les innovations contemporaines ne sont pas assez fondamentales, pas assez génératrice d’emplois, et/ou ne seront pas assez rapides compte tenu de l’urgence écologique. Pas assez fondamentales, car entre inventer l’électricité et inventer Facebook, tout le monde voit bien ce qui change le plus la vie. Les innovations modernes ne seraient pas à même d’enclencher des cycles économiques, car elles ne bouleversent pas suffisamment les modes de production. Pas assez créatrices d’emploi, car les innovations modernes sont fortement marquées par l’immatériel : Facebook ne produit rien de tangible et repose entièrement sur le capital coordonné par quelques salariés de haut niveau. Dès lors, la croissance qui en résulte est fortement inégalitaire, ses bénéfices vont à quelques ultraqualifiés et aux possesseurs d’actifs du type brevets. Tout le reste est produit par des robots. C’est la principale leçon de Haskell et Westlake (2018) : nous allons vers un “capitalisme sans capital” fortement inégalitaire, le cas le plus criant étant celui des Etats-Unis. Pas assez rapides, enfin, car les innovations qui arrivent se diffusent trop lentement et les principaux pays émetteurs de Co² ne sont pas nécessairement les pays qui avancent le plus vite : la Chine étant le meilleur exemple. Principal émetteur de la planète, ce pays ne se développe pas aussi mal que l’Angleterre du XIXème, mais est encore loin du compte : plus de 60% de l’énergie consommée en Chine provient encore, à ce jour, du charbon.

Encore une fois, il est difficile de trancher cette question qui relève par définition de la futurologie. En réalité, si la tâche de l’économiste peut être d’étudier les conséquences de telle ou telle innovation, notamment sur l’emploi, ou encore de réfléchir au meilleur moyen de soutenir l’innovation et l’investissement notamment dans les nouvelles énergies (crédit d’impôt recherche ou investissements publics, crédits bancaires ou capital-risque) ou de réduire les externalités négatives induites par la pollution (normes, taxes ou marché de quotas…), la question plus fondamentale de la création future des innovations relève plutôt de l‘analyse de l’ingénieur. Economiste, je ne suis absolument pas qualifié pour dire si le projet ITER sera rentable énergétiquement à moyen terme, même si je vois bien tous les apports potentiels de la fusion froide. En tout cas, Joseph Schumpeter, le premier à avoir sérieusement étudié l’innovation comme moteur du capitalisme, était plutôt pessimiste : dans les années 1920, il estimait que la gestion bureaucratique des grandes organisations engendrerait une réduction de la place de l’entrepreneur-innovateur et donc de la prise de risque, entrainant à terme une disparition de l’innovation.

Conclusion

Je ne sais pas si nous allons sauver la planète, ou plutôt si nous allons nous sauver nous mêmes, car la planète survivra. Car je ne sais pas si les innovations dans 30 ans seront assez radicales et assez rapides pour cela. De plus, “crise écologique” est un terme générique qui désigne des choses très différentes, avec des dimensions quantitatives (l’épuisement des ressources), qualitatives (le réchauffement climatique) ou les deux (la perte de biodiversité), et qui appellent des réponses différentes. Par exemple, la grande peur de manquer de pétrole apparaît aujourd’hui plutôt dépassée : les technologies d’extraction ayant beaucoup évolué, les réserves ont augmenté, et l’on sait aujourd’hui qu’on ne va pas manquer de pétrole à moyen terme. Le problème beaucoup plus urgent est celui du réchauffement climatique, qui nous interdit de brûler celui dont on dispose !

Cependant, je suis persuadé que nous n’avons d’autre choix que d’innover, d’innover plus, plus vite, et d’innover encore. Les écologistes n’adhèrent généralement pas à ce discours, pour deux raisons à mon avis :

  • ils considèrent, dans une perspective pessimiste, que les innovations modernes sont avant tout cosmétiques, et donc présentent une logique de “greenwashing” (ce qui n’est vrai que pour certaines : le greenwashing existe, les vraies innovations aussi) ;
  • ils estiment plus fondamentalement que l’innovation ne fait que poursuivre la logique générale du système capitaliste de consommation, alors qu’il faudrait en changer.

Ce en quoi je suis parfaitement d’accord : en écrivant “l’innovation ou rien” je suis parfaitement conscient que je ne cherche aucunement à bouleverser le système. Mais c’est précisément pourquoi j’ai écrit les deux premières parties de cet article : “bouleverser le système” ou “renoncer à la société de consommation” n’est rien d’autre qu’un terme pour “dictature verte” (si c’est imposé par les pouvoirs publics) ou “collapsologie” (si ça vient de la société civile). Dans ce dernier cas, c’est déjà possible, et rien ne vous empêche de vous mettre à la vie monastique. Cela restera marginal. Parce qu’il est facile de tenir de grands discours sur le renoncement à la société de consommation et le “bonheur dans la sobriété” ; plus difficile de renoncer soi-même à des décennies de confort. En réalité, nous faisons déjà (presque) tous des efforts : plus ou moins importants en fonction de nos convictions et de nos possibilités, certes, mais l’écologie imprègne désormais, dans les pays développés du moins, toutes nos décisions d’achat. Seulement, rappelons que pour respecter l’accord de la COP21, ce n’est certainement pas quelques légumes dans son jardin et aller au travail en vélo qui suffiront. Le smicard français émet déjà beaucoup trop de Co². Il vous faut renoncer à l’essentiel de vos transports, de votre chauffage, de vos appareils de loisirs. On parle de revenir au mode de vie “propre” du XVIIème siècle, où l’agriculture nourrissait grosso-modo 800 millions d’êtres humains. Que fait-on du surplus ? Seule l’innovation peut permettre de conserver au moins une part de ce confort acquis tout en préservant la planète.

Il est certain que la course à l’innovation implique parfois des produits absurdes, comme ces mini-drones chinois censées remplacer les abeilles disparues. Cependant, ce serait exagéré de réduire toutes les innovations à cela. Parce que la dictature verte n’est pas une option, parce que le retour à la vie monastique n’est pas engagé, parce que la crise écologique est bien réelle : c’est l’innovation ou rien.

7 réflexions sur “Ecologie : l’innovation ou rien

  1. Bonsoir,
    j’attendais depuis longtemps cet article sur l’écologie, et spécialement sur la notion de « découplage » qui m’est chère, mais peu médiatisée (au contraire de la décroissance, etc…).

    Quelques observations :

    « Beaucoup d’écologistes militants qui tiennent un discours radical ont une empreinte écologique dix fois supérieure à la mienne, ne serait-ce que tous ces voyages en avion pour convaincre le peuple de l’urgence de la transition. »

    C’est curieux, mais j’ai l’impression que certaines personnes se sont engagées dans la « foi » écologique comme par manière d’exorcisme. Je pense par exemple à Nicolas Hulot, qui a connu un drame familial dans sa jeunesse, et puis qui a enchaîné des productions télévisées pas très propres ou éthiques (genre pétarader en buggy dans le Sahara, le tout sponsorisé par une des entreprises les plus pollueuses en France à l’époque).
    J’ai aussi l’impression que le pape François a (regrettablement) sauté à pieds joints dans cette « écologie de la culpabilité », comme s’il n’y avait pas de meilleur moyen de réparer les dégâts infligés à la planète.

    « On parle de revenir au mode de vie “propre” du XVIIème siècle, où l’agriculture nourrissait grosso-modo 800 millions d’êtres humains. »

    C’est un poisson d’avril ?
    Le mode de vie du 17ème siècle c’était pas du tout écolo du tout. Bien sûr les gens de l’époque ne craignaient pas la pollution nucléaire, ni les pesticides de synthèse. Mais la pollution des eaux (et ses maladies infectieuses) était une vraie calamité, tout comme la déforestation (en France, il y a plus de forêts aujourd’hui qu’à l’époque) et l’appauvrissement des sols : un peu comme dans certains pays « en voie de développement » aujourd’hui !
    Les récoltes c’était vraiment aléatoire : on a connu plusieurs grandes famines en ce temps-là, un peu dans tous les pays. La médecine était à la ramasse : les connaissances étaient faibles, la mortalité infantile était terrible et même Louis XIV supportait plusieurs heures de douleur intense tous les jours. (sources : Michel Serres, Max Roser, etc…)
    Et en fait de réchauffement de la planète, ils ont eu droit à un « grand Hyver » où le vin gelait jusque dans la coupe du roi à Versailles !
    Un « pipole » en avait parlé il y a quelques années : https://www.consoglobe.com/thierry-lhermitte-reve-d’un-monde-plus-vert-cg
    Mais moi, je ne vois pas en quoi un programme qui propose le choléra pour tous, la famine « aléatoire » et la dégradation des sols (+ la suppression des médicaments) est « écologique ».

    « Il est certain que la course à l’innovation implique parfois des produits absurdes, comme ces mini-drones chinois censées remplacer les abeilles disparues. »

    Avez-vous entendu parler des « solutions basées sur la nature » ?
    L’innovation ce n’est pas que de l’hyper-technologie, mais elle peut aussi inclure une approche faisant appel à la préservation ou restauration d’écosystèmes pour remédier aux problèmes globaux : alimentation, santé, prévention des catastrophes naturelles…
    Cette approche est soutenue par les grandes organisations de protection de la nature (UICN, etc…) mais peu médiatisée.
    https://uicn.fr/solutions-fondees-sur-la-nature/

    Moralité : il faut sortir des sentiers battus (« thinking out of the box ») pour trouver des solutions intelligentes.

    • Je ne comprends pas bien le sens de votre commentaire. Je vous parle de Co² et de crise de la biodiversité (qui n’existait pas au XVIIème évidemment) vous me répondez famine, médecine peu efficace et mortalité infantile. Aucun rapport.

  2. “Je ne comprends pas bien le sens de votre commentaire. Je vous parle de Co² et de crise de la biodiversité (qui n’existait pas au XVIIème évidemment) vous me répondez famine, médecine peu efficace et mortalité infantile. Aucun rapport.”

    Non, je vous parle contamination des cours d’eau, déboisement et appauvrissement des sols, et tout ça pour un gain négatif en termes de bien-être humain (c’est peut-être trop évident pour être dit).
    C’était le lot de la France de Louis XIV, c’est celui d’un certain nombre de pays du “Tiers-monde” aujourd’hui.
    Le fantasme de retour à cette époque peut sembler insensé, il attire pourtant certains d’entre nous qui rejettent la philosophie des Lumières et les avancées accomplies depuis : http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/l%E2%80%99ecologie-un-refus-des-lumieres/2630
    Quant au climat, il tracassait nos ancêtres aussi, même si c’est pas pour les mêmes raisons qu’aujourd’hui (encore que… l’excès de déboisements a asséché la Grèce dans l’Antiquité et l’Espagne au 16ème siècle, je vous renvoie aux ouvrages de Jean-Marie Pelt à titre de vulgarisation).
    La biodiversité a sans doute connu d’importantes modifications sous l’effet des actions humaines anciennes (cf. Le Paysage animal, Xavier de Planhol) même si les études en ce sens sont (encore) rares : la perte de forêts et le changement de composition des sols ont sans doute profondément modifié la biosphère, au moins dans les pays de civilisation ancienne (Bassin méditerranéen, Europe, Chine…).
    Plus généralement, on croit communément que les problèmes de dégradation de l’environnement datent des 50 dernières années (certes il est indéniable que certaines dégradations se sont accélérées pendant cette période) alors que l’Homme a commencé à modifier (en négatif OU en positif) son environnement au moins à l’ère néolithique, quand les humains ont commencé à se sédentariser et à prendre littéralement possession du sol, le sujet est encore peu exploré par la science historique mais ne mérite en aucun cas du mépris (au passage, je ne comprends pas votre réaction inhabituellement abrupte).

    • Je ne pense pas que les climatologues contestent que la transformation de l’environnement par l’homme soit très ancienne. Simplement, elle a pris ces 50 dernières années des proportions démesurées. Sur le reste, d’accord avec vous. Et désolé pour le ton un peu sec.

  3. Hello. Merci pour cet article ! Juste une remarque à propos du terme que tu utilises de fusion froide. ITER ce n’est pas de la fusion froide (c’est même plutot très chaud) c’est plutot de la fusion nucléaire (tout court). La fusion froide fait référence à une une série d’expériences et un concept controversé que la majorité de la communauté scientifique n’accepte pas.

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