Que faire face aux mouvements de capitaux ? (1/3)

Synopsis. Dans les articles précédents, après avoir présenté l’utilité des marchés financiers (1), nous avons étudié (2) puis critiqué (3) la théorie des marchés efficients, selon laquelle les bulles spéculatives ne peuvent être que temporaires. Après quoi nous avons vu pourquoi les banques sont au cœur des crises (4), comment on peut les réguler conjoncturellement et structurellement (5) et quels sont, dans les grandes lignes, l’intérêt et les limites de tels mécanismes de régulation (6). Lire la suite →

Les banques au cœur des crises (3/3)

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Nous étudions maintenant de façon synthétique l’efficacité, l’intérêt et les limites des moyens d’action des banques centrales. Quelles sont l’intérêt et les limites de toutes ces mesures ? Quelle est leur efficacité ? Il va de soi que ces questions sont très discutés chez les économistes. Quelques éléments de débats.

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Les banques au cœur des crises (2/3)

imageDans le dernier épisode, nous faisions allusion à la nécessité de la maîtrise du crédit bancaire et du système de régulation des banques. Nous allons pour l’instant nous contenter de présenter les moyens actuels de régulation des banques et de la création monétaire, dans ses grandes lignes. Nous étudierons les possibilités de réforme plus tard.

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Les banques au cœur des crises (1/3)

imageSupposons qu’une banque accorde deux crédits à deux clients différents, A et B. A est un client sérieux, son salaire lui permet de rembourser ce crédit à la consommation. Ou bien il utilise le prêt de la banque pour monter une entreprise profitable qui, faisant des profits, rembourse la banque. Une partie des crédits bancaires sert donc à créer de la richesse, et cela se traduit, notamment dans une situation de sous-emploi des facteurs de production, par une augmentation de la production et de l’emploi, via l’investissement et la consommation. Mais voici B, qui lui, ne parvient pas à rembourser son crédit. La banque a donc surestimé les capacités de B à rembourser la monnaie prêtée. Au total, une partie des crédits accordés par la banque n’est pas remboursé, et l’excès de monnaie correspondante circule dans l’économie. Si cet excès est utilisé à l’achat de biens et de services, on a une situation de « mistigris », c’est-à-dire de droits en excès sur la richesse future, car, du fait du non remboursement de certains crédits, la croissance de la richesse réelle est inférieure à la croissance de la masse monétaire. Lire la suite →

Pourquoi des bulles spéculatives ? (2/2)

Dans l’article précédent, je concluais sur le fait que, d’après la théorie des marchés efficients, comprise comme efficience allocative des marchés, y compris financiers, les marchés sont fondamentalement stables à long terme. On fera remarquer que, dans la réalité, les marchés, en particulier financiers, ne semblent pas précisément très stables. Pourquoi y-a-t-il des crises financières, dans ce cas ? Nous avons fait remarquer que les hypothèses de validation de la théorie des marchés efficients étaient fortes. Essayons maintenant de relâcher quelques-unes de ces hypothèses pour en évaluer les conséquences, à court terme, puis à long terme.

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Mariage pour tous, pours et contres

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Florilège commenté des différents arguments entendus dans le débat qui nous occupe.

NB : dans ce qui suit, je distingue les arguments irrecevables, c’est-à-dire faibles, des arguments recevables (forts). On notera que le caractère de vérité d’un argument ne dépend pas à priori de sa force argumentative : un argument peut être exact mais faible. En revanche un argument fort est nécessairement exact, en partie au moins. Lire la suite →

Pour une révolution fiscale ?

J’ai lu il y a quelques temps Pour une révolution fiscale, de Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Camille Landais, bouquin sorti l’année dernière. Thomas Piketty est professeur à l’Ecole d’Economie de Paris et à l’EHESS, Emmanuel Saez est professeur à l’Université de Californie (Berkeley) et Camille Landais professeur à Sandford. Tous trois issus de l’EN, ce sont des spécialistes reconnus de la fiscalité et plus généralement des inégalités économiques. Pour la suite, nous les appellerons PSL (Piketty-Saez-Landais), ou seulement Piketty, puisque la promotion du livre (janvier-mai 2011) a été presque exclusivement portée par ce dernier. Notons que Saez a reçu la médaille Clark, qui n’est pas la moindre des récompenses pour un jeune économiste (c’est la plus prestigieuse).

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D’être saint

Jean Matejko, Bataille de Grunwald, 1878

Jean Matejko, Bataille de Grunwald, 1878

Le spectacle de l’injustice m’accable, mais c’est probablement parce qu’il éveille en moi la conscience de la part d’injustice dont je suis capable. » Georges Bernanos, Les Grands Cimetières sous la Lune



Honnêteté, courage, patience, humilité, douceur, tempérance, noblesse, générosité. Les mots sont beaux flanqués sur le papier. On aime à les prononcer, et les lire. Ça a quand même de la gueule, la vertu. Il est beau le saint. Il passe bien en société. Il permet de croire un peu à l’humanité, un peu plus, pour pas cher : c’est pas nous. Lire la suite →

Le Village des Indignés

On s’était rassemblé. Énervés, qu’on était. Sans le sous mais plein d’idées. Chômeurs mais pas inactifs. Marre du capitalisme inégalitaire, marre de la dictature bancaire, marre de l’envolée des prix et du mal-logement. Perdus pour la société de consommation, abandonnés par le pouvoir, pas contents et prêts à le dire, on s’était rassemblé, les Indignés. Lire la suite →

Mondialisation et démondialisation, par Dani Rodrik

Le dernier numéro d’Alternatives Économiques consacre un intéressant dossier au coup d’arrêt porté à la mondialisation, au sens ou de plus en plus, les effets négatifs de la mondialisation sont sérieusement discutés dans les cercles des économistes mainstream, et plus seulement sous forme de slogans vindicatifs dans les groupuscules altermondialistes. Et pour la première fois depuis quelques années, des économistes reconnus admettent que la mondialisation —particulièrement financière—  n’a pas toujours été bénéfique, ou que les avantages ont souvent été surestimés dans les analyses empiriques et les modèles théoriques, pendant que les risques étaient sous-estimés. Lire la suite →

Le contrôle des prix ne paie pas

Alors que les loyers parisiens explosent et que le prix de l’essence en fait autant, reviennent sur la table et dans le débat public les propositions de contrôle des prix, sous la forme, qui d’un « tarif social de l’essence », qui d’un contrôle du prix des loyers parisiens, qui de logiques corporatistes de taxis réclamant des « indemnités » de la part de l’Etat.

Évidemment, la plupart de ces idées sont inspirées d’un noble sentiment de justice: personne ne souhaite que les artisans fassent faillite à cause du prix de l’essence et nul ne trouve normal que l’on paye en ce moment à Paris 900 €par mois pour une chambre de bonne.

Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions, et les économistes ont montré depuis assez longtemps déjà les effets pervers des mesures de contrôle des prix. Lire la suite →