Supposons qu’une banque accorde deux crédits à deux clients différents, A et B. A est un client sérieux, son salaire lui permet de rembourser ce crédit à la consommation. Ou bien il utilise le prêt de la banque pour monter une entreprise profitable qui, faisant des profits, rembourse la banque. Une partie des crédits bancaires sert donc à créer de la richesse, et cela se traduit, notamment dans une situation de sous-emploi des facteurs de production, par une augmentation de la production et de l’emploi, via l’investissement et la consommation. Mais voici B, qui lui, ne parvient pas à rembourser son crédit. La banque a donc surestimé les capacités de B à rembourser la monnaie prêtée. Au total, une partie des crédits accordés par la banque n’est pas remboursé, et l’excès de monnaie correspondante circule dans l’économie. Si cet excès est utilisé à l’achat de biens et de services, on a une situation de « mistigris », c’est-à-dire de droits en excès sur la richesse future, car, du fait du non remboursement de certains crédits, la croissance de la richesse réelle est inférieure à la croissance de la masse monétaire. Lire la suite
Pourquoi des bulles spéculatives ? (2/2)

Dans l’article précédent, je concluais sur le fait que, d’après la théorie des marchés efficients, comprise comme efficience allocative des marchés, y compris financiers, les marchés sont fondamentalement stables à long terme. On fera remarquer que, dans la réalité, les marchés, en particulier financiers, ne semblent pas précisément très stables. Pourquoi y-a-t-il des crises financières, dans ce cas ? Nous avons fait remarquer que les hypothèses de validation de la théorie des marchés efficients étaient fortes. Essayons maintenant de relâcher quelques-unes de ces hypothèses pour en évaluer les conséquences, à court terme, puis à long terme.
Pourquoi des bulles spéculatives ? (1/2)
Qu’est-ce que la finance, au fond ? Que vend-elle ? Pourquoi-y-a-t-il des bulles spéculatives et comment se forment-elles ? Les chapitres 3 et surtout 4 pour objectif de répondre à cette question. Lire la suite
A quoi sert la finance ?
Je viens de terminer un excellent ouvrage d’économie, sans doute l’un des meilleurs que j’ai lu jusqu’à présent. Lire la suite
11 leçons sur le marché du travail
Mariage pour tous, pours et contres
Florilège commenté des différents arguments entendus dans le débat qui nous occupe.
NB : dans ce qui suit, je distingue les arguments irrecevables, c’est-à-dire faibles, des arguments recevables (forts). On notera que le caractère de vérité d’un argument ne dépend pas à priori de sa force argumentative : un argument peut être exact mais faible. En revanche un argument fort est nécessairement exact, en partie au moins. Lire la suite
L’égalité homme-femme, le libre-arbitre, la nature, etc.
Le gouvernement Ayrault a récemment annoncé, par la voix de sa ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, une série de mesure visant à promouvoir l’égalité des sexes. Parmi elles, le volet « éducation » semble le plus emblématique. Lire la suite
Pour une révolution fiscale ?
J’ai lu il y a quelques temps Pour une révolution fiscale, de Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Camille Landais, bouquin sorti l’année dernière. Thomas Piketty est professeur à l’Ecole d’Economie de Paris et à l’EHESS, Emmanuel Saez est professeur à l’Université de Californie (Berkeley) et Camille Landais professeur à Sandford. Tous trois issus de l’EN, ce sont des spécialistes reconnus de la fiscalité et plus généralement des inégalités économiques. Pour la suite, nous les appellerons PSL (Piketty-Saez-Landais), ou seulement Piketty, puisque la promotion du livre (janvier-mai 2011) a été presque exclusivement portée par ce dernier. Notons que Saez a reçu la médaille Clark, qui n’est pas la moindre des récompenses pour un jeune économiste (c’est la plus prestigieuse).
D’être saint
Le spectacle de l’injustice m’accable, mais c’est probablement parce qu’il éveille en moi la conscience de la part d’injustice dont je suis capable. » Georges Bernanos, Les Grands Cimetières sous la Lune
Honnêteté, courage, patience, humilité, douceur, tempérance, noblesse, générosité. Les mots sont beaux flanqués sur le papier. On aime à les prononcer, et les lire. Ça a quand même de la gueule, la vertu. Il est beau le saint. Il passe bien en société. Il permet de croire un peu à l’humanité, un peu plus, pour pas cher : c’est pas nous. Lire la suite
Le Village des Indignés

On s’était rassemblé. Énervés, qu’on était. Sans le sous mais plein d’idées. Chômeurs mais pas inactifs. Marre du capitalisme inégalitaire, marre de la dictature bancaire, marre de l’envolée des prix et du mal-logement. Perdus pour la société de consommation, abandonnés par le pouvoir, pas contents et prêts à le dire, on s’était rassemblé, les Indignés. Lire la suite
Mondialisation et démondialisation, par Dani Rodrik
Le dernier numéro d’Alternatives Économiques consacre un intéressant dossier au coup d’arrêt porté à la mondialisation, au sens ou de plus en plus, les effets négatifs de la mondialisation sont sérieusement discutés dans les cercles des économistes mainstream, et plus seulement sous forme de slogans vindicatifs dans les groupuscules altermondialistes. Et pour la première fois depuis quelques années, des économistes reconnus admettent que la mondialisation —particulièrement financière— n’a pas toujours été bénéfique, ou que les avantages ont souvent été surestimés dans les analyses empiriques et les modèles théoriques, pendant que les risques étaient sous-estimés. Lire la suite
Euroïsation et euro
La TVA sociale
La TVA sociale est le mécanisme qui consiste a augmenter fortement la TVA en baissant en même temps les cotisations sociales, dans le but de « transférer » tout ou partie du financement de la protection sociale sur les consommateurs et non plus sur les seuls travailleurs et employeurs. Lire la suite
Le contrôle des prix ne paie pas
Évidemment, la plupart de ces idées sont inspirées d’un noble sentiment de justice: personne ne souhaite que les artisans fassent faillite à cause du prix de l’essence et nul ne trouve normal que l’on paye en ce moment à Paris 900 €par mois pour une chambre de bonne.
Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions, et les économistes ont montré depuis assez longtemps déjà les effets pervers des mesures de contrôle des prix. Lire la suite
Comment expliquer la dégradation du commerce extérieur de la France depuis 2000?
Dans ce texte de 2008[1], Marion Cochard, économiste à l’OFCE[2], cherche à déterminer les facteurs qui expliquent la dégradation du commerce extérieur de la France. Lire la suite
Les théories de la valeur en économie
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Orange: le déchirement, par Bruno Diehl et Gérard Doublet
France Télécom ou la dérive du management
Léon l’Africain, par Amin Maalouf
Note de lecture — Léon l’Africain, par Amin Maalouf.
[…et quelques considérations sur la morale des papes]
Léon l’Africain, c’est l’histoire —vraie— d’Hassan al-Wazzan, voyageur intrépide, découvreur insatiable, témoin des événements de son siècle. Comme toujours dans ses romans, Amin Maalouf brode le fil d’une histoire imaginaire autour d’un personnage et d’événements bien réels. Lire la suite
Interlude: s’attacher à la lettre et non à l’esprit.
Tout à l’heure, en prenant mon goûter (oui : je prends des goûters), j’écoutais Ève Ruggieri à la radio qui racontait sa vie d’animatrice sur France Inter puis à la télévision, sur France2 via sa célèbre émission Musiques au cœur (depuis 1982). Elle était interrogée par Philippe Vandel dans l’émission culturelle Tout et son contraire (ici). Lire la suite









