Conclusion : que nous apprend l’histoire du SME ? Peut-on finalement parler de « dictature des marchés financiers » ? Non, répond sans ambiguïté Pierre-Noël Giraud.
Economie
Y-a-t-il une dictature des marchés financiers ? (2/3)

Verbatim. Les Européens, tout dépités de l’instabilité financière internationale post-Bretton Woods, mettent en place un ingénieux système d’ancrage des différentes monnaies entre elles. Mais boum ! les méchants spéculateurs arrivent et le système vole en éclat. Que faire, docteur ?
Y-a-t-il une dictature des marchés financiers ? (1/3)

Au chapitre 10, PNG aborde cette question ô combien politique avec son pragmatisme et sa nuance habituelle. Il prend l’exemple des attaques spéculatives contre la livre et le franc, ayant conduit à la fin du SME (Système Monétaire Européen) dans les années 1990. Bref rappel des faits.
La spéculation, pour ou contre ?
Le capitalisme financier, pour ou contre ?

Le chapitre 8 est l’occasion pour Pierre-Noël Giraud de s’intéresser au capitalisme financier de façon globale (c’est-à-dire en incluant la globalisation commerciale) et à son impact sur les transformations économiques et sociales récentes, de façon à pouvoir procéder à une première évaluation de ses défauts et mérites. Ainsi le chapitre aborde des questions telles que : « les fonds spéculatifs sont-ils court termiste ? » « sont-ils moutonniers » ? « financent-ils la croissance ? »
Qui a créé les marchés financiers ? (3/3)
Qui a créé les marchés financiers ? (2/3)
Jusqu’ici, j’ai volontairement ignoré le système monétaire en vigueur pendant les 30G, celui de Bretton Woods. Or il est important de le comprendre pour comprendre la crise des années 1970 et l’avènement des marchés financiers.
Qui a créé les marchés financiers ? (1/3)
Toujours à partir du livre de Pierre-Noël Giraud mais en développant davantage certains éléments, j’attaque maintenant une question historique accessoire mais intéressante pour la suite, à savoir l’origine de l’émergence des marchés financiers. Pourquoi les marchés financiers ont aujourd’hui une telle place ? Qui est à l’origine de la dérèglementation de la finance ? Un peu d’histoire économique permet de mieux comprendre le problème et, comme souvent, d’écarter quelques contre-vérités trop souvent répandues. L’avènement des marchés financiers, rappelle PNG, s’inscrit dans une longue dynamique qui voit les Trente Glorieuses (selon l’expression de Jean Fourastié), c’est-à-dire les trente années de forte croissance qui ont suivi la seconde guerre mondiale, prendre fin.
Que faire face aux mouvements de capitaux ? (3/3)
Un point a été négligé jusqu’ici : on a implicitement considéré que toutes les monnaies se valaient, donc que tous les pays subissaient les mécanismes décrits plus hauts, en particulier la fluctuation du taux de change autour de fondamentaux, les liens entre balance commerciale, mouvements de capitaux et taux de change, etc. Or, toutes les monnaies ne se valent pas.
Que faire face aux mouvements de capitaux ? (2/3)
Revenons aux liens entre balance courante, mouvements de capitaux et taux de change. Nous n’avons fait que la moitié du chemin, puisque nous n’avons vu la relation que dans un sens. Le taux de change, à son tour, n’a-t-il pas un impact sur le solde commercial et celui des mouvements de capitaux ? Lire la suite
Que faire face aux mouvements de capitaux ? (1/3)
Synopsis. Dans les articles précédents, après avoir présenté l’utilité des marchés financiers (1), nous avons étudié (2) puis critiqué (3) la théorie des marchés efficients, selon laquelle les bulles spéculatives ne peuvent être que temporaires. Après quoi nous avons vu pourquoi les banques sont au cœur des crises (4), comment on peut les réguler conjoncturellement et structurellement (5) et quels sont, dans les grandes lignes, l’intérêt et les limites de tels mécanismes de régulation (6). Lire la suite
Les banques au cœur des crises (3/3)
Nous étudions maintenant de façon synthétique l’efficacité, l’intérêt et les limites des moyens d’action des banques centrales. Quelles sont l’intérêt et les limites de toutes ces mesures ? Quelle est leur efficacité ? Il va de soi que ces questions sont très discutés chez les économistes. Quelques éléments de débats.
Les banques au cœur des crises (2/3)
Dans le dernier épisode, nous faisions allusion à la nécessité de la maîtrise du crédit bancaire et du système de régulation des banques. Nous allons pour l’instant nous contenter de présenter les moyens actuels de régulation des banques et de la création monétaire, dans ses grandes lignes. Nous étudierons les possibilités de réforme plus tard.
Les banques au cœur des crises (1/3)
Supposons qu’une banque accorde deux crédits à deux clients différents, A et B. A est un client sérieux, son salaire lui permet de rembourser ce crédit à la consommation. Ou bien il utilise le prêt de la banque pour monter une entreprise profitable qui, faisant des profits, rembourse la banque. Une partie des crédits bancaires sert donc à créer de la richesse, et cela se traduit, notamment dans une situation de sous-emploi des facteurs de production, par une augmentation de la production et de l’emploi, via l’investissement et la consommation. Mais voici B, qui lui, ne parvient pas à rembourser son crédit. La banque a donc surestimé les capacités de B à rembourser la monnaie prêtée. Au total, une partie des crédits accordés par la banque n’est pas remboursé, et l’excès de monnaie correspondante circule dans l’économie. Si cet excès est utilisé à l’achat de biens et de services, on a une situation de « mistigris », c’est-à-dire de droits en excès sur la richesse future, car, du fait du non remboursement de certains crédits, la croissance de la richesse réelle est inférieure à la croissance de la masse monétaire. Lire la suite
Pourquoi des bulles spéculatives ? (2/2)

Dans l’article précédent, je concluais sur le fait que, d’après la théorie des marchés efficients, comprise comme efficience allocative des marchés, y compris financiers, les marchés sont fondamentalement stables à long terme. On fera remarquer que, dans la réalité, les marchés, en particulier financiers, ne semblent pas précisément très stables. Pourquoi y-a-t-il des crises financières, dans ce cas ? Nous avons fait remarquer que les hypothèses de validation de la théorie des marchés efficients étaient fortes. Essayons maintenant de relâcher quelques-unes de ces hypothèses pour en évaluer les conséquences, à court terme, puis à long terme.
Pourquoi des bulles spéculatives ? (1/2)
Qu’est-ce que la finance, au fond ? Que vend-elle ? Pourquoi-y-a-t-il des bulles spéculatives et comment se forment-elles ? Les chapitres 3 et surtout 4 pour objectif de répondre à cette question. Lire la suite
A quoi sert la finance ?
Je viens de terminer un excellent ouvrage d’économie, sans doute l’un des meilleurs que j’ai lu jusqu’à présent. Lire la suite
11 leçons sur le marché du travail
Pour une révolution fiscale ?
J’ai lu il y a quelques temps Pour une révolution fiscale, de Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Camille Landais, bouquin sorti l’année dernière. Thomas Piketty est professeur à l’Ecole d’Economie de Paris et à l’EHESS, Emmanuel Saez est professeur à l’Université de Californie (Berkeley) et Camille Landais professeur à Sandford. Tous trois issus de l’EN, ce sont des spécialistes reconnus de la fiscalité et plus généralement des inégalités économiques. Pour la suite, nous les appellerons PSL (Piketty-Saez-Landais), ou seulement Piketty, puisque la promotion du livre (janvier-mai 2011) a été presque exclusivement portée par ce dernier. Notons que Saez a reçu la médaille Clark, qui n’est pas la moindre des récompenses pour un jeune économiste (c’est la plus prestigieuse).
Mondialisation et démondialisation, par Dani Rodrik
Le dernier numéro d’Alternatives Économiques consacre un intéressant dossier au coup d’arrêt porté à la mondialisation, au sens ou de plus en plus, les effets négatifs de la mondialisation sont sérieusement discutés dans les cercles des économistes mainstream, et plus seulement sous forme de slogans vindicatifs dans les groupuscules altermondialistes. Et pour la première fois depuis quelques années, des économistes reconnus admettent que la mondialisation —particulièrement financière— n’a pas toujours été bénéfique, ou que les avantages ont souvent été surestimés dans les analyses empiriques et les modèles théoriques, pendant que les risques étaient sous-estimés. Lire la suite


